Mouton d'Ouessant : La Bergerie d'Inès

"Puisque le vieux mouton d'Ouessant a subi une sélection par la couleur noire, c'est qu'il en possédait d'autres"

   Fév 03

ARR-ARQ

Après les étrennes de janvier, voilà que le “recensement annuel des effectifs” nous arrive.

Comme chaque année en bon éleveur respectueux des autorités concernées, je vais me plier à la formalité.

Pour le recensement touchant 2016, je crois déceler une prise en compte attachée aux particularismes du Ouessant. En effet, j’observe une évolution dans les libellés définissant la raison d’exister de nos petits moutons. Jadis, il fallait les ranger dans une case “Production de viande, ” production laitière” ou ” engraissement”, ce qui, vous le convenez, ne correspond à rien pour celui qui connait un peu le Ouessant.

J’ose espérer qu’à force de biffer l’une ou l’autre mention inadaptée au cours des années passées, les responsables de l’EDE du Finistère ont accepté l’idée étrange que le Ouessant n’est pas tout à fait comme les autres races ovines ( de rente).

Je les félicite, c’est un grand pas. Si seulement cette prise de conscience pouvait faire tâche d’huile sur le lourd dossier de l’identification…….

Il est aujourd’hui question de mouton possédé par des “particuliers”, avec pour sous-titres “animaux de compagnie”, “entretien de l’espace”, “agrément”, “consommation personnelle”. Bon, encore pas de notion de “sauvegarde d’un type ovin”, mais c’est déjà une belle évolution !

Peut être également, faut il lire dans cette meilleure prise en compte de notre Ouessant, l’impact représenté par les sociétés d’écopâturages qui ne trouvaient pas place dans les anciennes dénominations……Qui sait ?

Pour résumer, je dis :    Félicitations !

sourire

Sans compter, que dans ce même courrier je ne vois plus trace du document demandant aux éleveurs de répertorier leurs béliers reproducteurs, avec leurs indications de génotypage.  Que se passe t-il ?  Les génotypages concernant la tremblante ovine (lien) ne seraient plus une priorité , ou le document aurait  il été victime d’un oubli ?

Je ne vous cache pas que cette information touchant au génotypage de mes béliers me pose un sérieux problème. Je ne renseigne jamais cette partie, et pour cause je ne fais pas génotyper mes moutons. Ce génotypage des moutons est indispensable à l’export.

arr

Pour une lecture plus aisée, attachons nous aux combinaisons possibles entre ARR et ARQ, cela suffit amplement pour comprendre le principe.

Que nous indique le génotypage ? A la louche, le génotypage nous renseigne sur la potentialité de reproducteurs de transmettre la sensibilité à la maladie, à sa descendance. L’utilisation de tel ou tel reproducteur peut donc finir par éradiquer la maladie dans le cheptel. Bonne idée…

C’est dailleurs le choix qu’ont fait certains responsables de races de rente. Avec patience, sans exclure les brebis, le choix des béliers sur cette particularité a fini par éradiquer la maladie dans la dite race. Tout va bien, donc !!!

Sait-on seulement posé la question de la déperdition génétique au regard d’UN critère de sélection  unique ? Je ne pense pas, et puis cela a bien peu d’importance pour des populations de rente où l’objectif annoncé est l’efficacité, le rendement, l’uniformisation…….avant l’abattoir.

Est ce bien la finalité du mouton d’Ouessant ? Posons nous la question avant que nos EDE ne passent d’un simple relevé d’informations, à une obligation incontournable. Que ferons nous lorsqu’une règle nous demandera de supprimer nos béliers ARR/ARQ ou pire encore ARQ/ARQ ? Je crains le pire….

Que savons nous de ce que nous perdrons comme richesse génétique en éliminant ces damnés, alors que cette maladie conduit dans le pire des cas à la mort de l’agneau ?

Les sujets à l’origine de la renaissance de notre “type ovin” étaient ils suffisamment variés pour que nous acceptions de courir le risque ?

Bélier Shetland from Alaska Shetland Sheeper

Bélier Shetland from Alaska Shetland Sheeper

Il se dit dans le monde du mouton Shetland (sans plus de contrôle de ma part, car je n’en ai pas la compétence scientifique) que les béliers de couleur Pie ne seraient jamais génotypés ARR.  Ce qui en cascade impliquerait qu’ils ne puissent plus être utilisés en reproduction, et qu’à terme disparaîtrait l’expression du Pie (Locus S) qu’ils possèdent.  J’image ma réflexion par cet exemple car il est visible (couleur de laine), alors que nombres d’expressions invisibles pourraient disparaître de la même façon sans même que nous nous en doutions. Dans un domaine différent, les mêmes conséquences irréversibles pourraient être obtenues le jour où un livre des origines du mouton d’Ouessant devait être “fermé à titre initial”.

Le principe de précaution doit il assurer à coup sûr la disparition d’une couleur de toison au risque de perdre éventuellement quelques agneaux avant leur âge de 6 mois ? Je ne le pense pas..

Pour cette année, je suis soulagé de ne pas renseigner le génotypage de mes béliers, mais cela durera t-il ?

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