Mouton d'Ouessant : La Bergerie d'Inès

"Puisque le vieux mouton d'Ouessant a subi une sélection par la couleur noire, c'est qu'il en possédait d'autres"

   Juin 11

Trois pull-over à la plage

La laine : Nom féminin.

Sens: Fibres provenant de la toison des moutons et de quelques autres mammifères. Synonyme : Poil. Anglais : Wool.

Ça n’est qu’après des milliers d’années de patience, d’observations, de sélection humaine que la laine est apparue. Cela ne s’est pas fait instantanément mais par la reproduction de moutons dont le poil donnait à l’éleveur la meilleure qualité de fibre, lui permettant de se protéger du froid de façon optimale.

Il n’est pas stupide de penser que cette évolution a nécessité entre 8 000 et 10 000 ans. C’est ainsi que du mouflon l’homme a créé le mouton. Cette création n’ayant pas uniquement pour objectif la protection thermique, mais également la production de chair et de lait. C’est ainsi que progressivement virent le jour les différentes races de l’espèce ovine.

Bélier Jacob

Bélier Cameroun

Moutons Solognote

bélier merinos

et bien d’autres races encore ……..

Dans le tout premier temps de son histoire insulaire, notre petit mouton d’Ouessant rentra dans la seconde catégorie, la catégorie des races à viande. En effet, il fût très vraisemblablement déposé sur l’île d’Ouessant par les peuples du nord de l’Europe afin d’y être consommé. Il ne fût donc pas particulièrement sélectionné pour la qualité de sa laine. Très longtemps l’ancêtre de notre mouton d’Ouessant subit la sélection par le noir (élimination de toutes les autres couleurs de toisons) mais rien pour la qualité thermique de cette dernière. Ce n’est que dans le courant du 19ème siècle que très vraisemblablement des moutons du continent, dits “moutons modernes” , dont la laine avait été plus sérieusement sélectionnée,  furent introduits sur l’île.

Aujourd’hui, il est très fréquent de retrouver dans le cheptel du mouton d’Ouessant des animaux possédant des qualités de laine très variées, allant de la toison primitive à la toison très serrée. Sur un même animal, il n’est pas rare de rencontrer des zones de poils longs et droits et des zones de poils plus frisés, plus serrés. En général, ces zones de laines primitives se retrouvent près du cou ou sur l’arrière des pattes arrières.

Pour bien se représenter ce qu’est une laine primitive, il faut la chercher dans des troupeaux de moutons plus primitifs encore que le mouton d’Ouessant. Dans l’exemple suivant, chez le mouton Ronaldsay….

Deux superbes brebis de la race Ronaldsay …… quelles merveilles !!

Ma Poppy qui laisse apercevoir quelques fibres longues sur les postérieurs et sous le cou (toison de type primitive).

Fruit d’une très longue sélection, la laine peut être considérée comme une anomalie patiemment cultivée.

Pire encore …. double anomalie,  la quantité et la qualité thermique de la toison d’une part et la disparition de la mue naturelle d’une part. Diane est intarissable dans le domaine de la laine, je vous invite à le découvrir : http://spinningshepherd.blogspot.fr/

Le mouflon sauvage mue alors que le mouton ne mue plus.

Je vous présente Shrek, à droite.

Son histoire est atypique, faites sa connaissance :  http://www.youtube.com/watch?v=y0w50Zv6YF8

Tant que le mouton remplit sa fonction de production de laine, le problème de “pull-over”  n’existe pas. En effet, un eleveur produisant de la laine n’oubliera jamais le moindre mouton non-tondu dans son troupeau, même si celui-ci devait compter plusieurs milliers de têtes. Par contre, il n’est pas rare d’observer de temps à autre des troupeaux constitués d’un nombre très réduit de têtes, dont les animaux sont encore pourvus de plusieurs années de production de laine sur le dos.

Entre 3 à 4 années de laine accumulées….. bof !

Ici, un bélier avec trois années de pousse de laine

UN  MOUTON  NE  DOIT  JAMAIS  PASSER  LA  PÉRIODE  ESTIVALE  AVEC  SA  TOISON  SUR  LE  DOS,  JAMAIS !

Ne pas lui ôter sa toison alors que le thermomètre dépasse les 20°C s’apparente à de la souffrance animale. C’est un peu comme si vous deviez vous allonger sur le sable fin, au soleil d’été avec un pull-over sur vous. Ça pour la première année, et ensuite autant de pull-over superposés par années de tonte non-effectuées. Ce beau bélier en photo ci-dessus en est au troisième pull-over……………….  Je ne pense pas qu’il soit pressé d’arriver au mois de juillet.

Au rang des problèmes qu’occasionne ce manque d’entretien caractérisé, j’ajoute :

– L’impossibilité qu’ont les moutons de se gratter, de se frotter lorsque les démangeaisons leur parcourent le corps. Ils sont impuissants face à cette nuisance.

– Le poids que représente cette toison qui année après année ne fait que s’alourdir à en toucher le sol, dans certaines situations extrêmes.

– Que dire des problèmes de vieillissement prématuré des articulations des pattes, qui soumisent à une charge anormale finissent par lâcher.

– Que dire des souillures digestives et des diarrhées du moutons qui finissent par se conglomérer dans la toison à l’arrière des cuisses et sous la queue. Elles deviennent alors des charges lourdes et bruyantes, sans parler des nids d’infections  potentiels laissés libre d’accès à nombre de parasites .

Voir site “des Lutins du Montana” ……….http://ouessant-mouton.over-blog.com/article-elles-puaient-103394150.html ou encore ……………http://ouessant-mouton.over-blog.com/article-myiase-85426768.html

– Sans oublier cette belle tique, qui a l’abri de toutes ces couches de pull-over va paisiblement vider de son sang notre joli mouton sans que nous ayons la moindre chance de l’en déloger. L’animal fatiguera davantage à chaque goutte de sang qui quittera son organisme.

Il est possible d’éviter toutes ces horreurs ……… tondez vous moutons !!

Seul l’agneau de l’année ne doit pas être débarrassé de sa laine. Ce jeune agneau né entre février et juin (en général) ne sera tondu qu’au mois de juin de l’année suivante. Tous les autres animaux du troupeau doivent être tondus une fois par an. En général, la période retenue est le mois de juin. Cette période peut fluctuer en fonction de la situation géographique de pâturage du troupeau. L’idée de base étant que les moutons ne souffrent pas de la perte de leur toison la nuit, lorsque les températures baissent.

COMMENT FAIRE  ?

Tondre soi même ses moutons. Il vous faudra acheter une tondeuse (400 à 500 € en moyenne) et acquérir rapidement l’expérience.

Faire tondre ses moutons. Utiliser les services d’un tondeur expérimenté, qui viendra dans votre troupeau et tondra vos moutons pour une somme de 4 à 6 € par mouton tondu. C’est une très bonne alternative qui vous fera rencontrer un(e) passionné(e) auprès de qui vous apprendrez, pourvu que vous soyez curieux. Le tondeur prend ou laisse la laine, c’est à voir avec lui (elle). Si vous ne savez pas comment le rencontrer, cherchez un peu autour des vétérinaires, des élevages ovins de votre région, de la chambre d’agriculture, etc …  Soyez obstiné, c’est pour le bien de vos moutons.

Attaquez aux ciseaux.  Si vraiment aucune des deux solutions ci-dessus ne trouve faveur à vos yeux, alors il vous reste les ciseaux. C’est possible. Il vous faudra compter une heure de temps pour faire tomber la toison de votre mouton.  A cet effet, vous découvrirez ci-dessous la marche à suivre ………

Utilisez des ciseaux dont le tranchant est irréprochable et ne l’essayez jamais dans les chairs, évidemment.

C’est parti …..  il vous faut un mouton.

Un suffira. Celui de gauche a trois pull-over alors que sa fille n’en possède qu’un. Elle sera tondue après lui.

Vu de face, vous devinez davantage encore l’ampleur de la tâche.

Que dire de la vue de dos ?

Basculé sur ses fesses, vous faites de sorte que sa colonne vertébrale repose sur vos deux cuisses serrées. La tête sous le coude, il ne bougera pas trop.

Vous commencez d’attaquer la face extérieure de la cuisse, tout doucement avec la certitude des ciseaux qui ne se referme pas sur les chairs.

La main ne tenant pas les ciseaux examine sans cesse l’épaisseur de laine, la position de la peau.

Une fois que la cuisse est dégrossie, vous remontez sur le flanc doucement en évitant au maximum de tirer sur la laine. Tirer sur la laine, c’est à coup sur donner un coup de ciseaux malheureux qui blessera votre animal.

Doucement, progressivement, la beauté de l’animal apparaît.

Il comprend peut être que je ne lui souhaite que du bien. Il est très coopératif.

Si votre mouton est moins compréhensif que mon modèle du jour, alors tondez le en plusieurs fois, sur plusieurs jours si il le faut. N’abandonnez surtout pas !

Progressivement, vous viendrez à bout d’un flanc. Votre mouton se pèle comme une orange.

Voila près de 20′ qu’il est contraint sur le côté, laissez le se redresser avant de tondre son second flanc.

Maintenant qu’il est debout, vous allez descendre doucement depuis son dos jusqu’en direction de son second flanc. Faites vous aider. Demandez à votre assistant de lui tenir les cornes.

Cherchez toujours à comprendre là ou vous glissez les ciseaux. Ne tirez pas sur la laine, dégagez la juste un peu puis glissez l’un des couteaux sous une faible quantité de laine.

Vous continuez de descendre en ne perdant jamais de vue la morphologie du mouton.

Cette affreuse toison ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Les quatre premières années de sa vie, tout de même !!!

L’orange s’achève doucement de s’éplucher …. sous les yeux étonnés de Bounty qui se demande bien quand son tour arrivera !!

Il n’a pas encore tout à fait fière allure pourtant il s’en rapproche.

Maintenant vous passez à la seconde phase. Elle consiste en une seconde tonte de plus près. Vous allez reprendre l’animal dégrossi et le “raser” de plus près. Si vous deviez vous arrêter à ce stade, je vous féliciterai pour le bien-être que vous apporteriez à vos moutons.

Les ciseaux plaqués le plus parallèlement à la peau, par petites touches, continuez de parfaire votre travail.

Les ciseaux doivent être bien plaqués à la peau. Le coups de ciseaux doit rester souple, sans forcer.

Et si comme moi, vous deviez blesser votre mouton (coupure postérieur droit), n’abandonnez pas. Soignez la plaie et persuadez vous que c’est pour son bien-être.

Une heure de temps, c’est vraiment peu. Quelle satisfaction!!!!

 

2 Comments

  1. humler stephanie dit :

    bonjour
    je vien de regardez vos photo pour la tonte du mouton.
    et bien chapeau sa ma donner envie de tentee l’experiance .
    maintenant il me reste plus qu’a trouver une bergerie pret de toulouse
    qui propose de le faire.
    sinon votre site est geniale felicitation.

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