Mouton d'Ouessant : La Bergerie d'Inès

"Puisque le vieux mouton d'Ouessant a subi une sélection par la couleur noire, c'est qu'il en possédait d'autres"

   Mai 01

De l’importance de la sélection ….

 

A gauche, mon petit Noa. Bélier blanc d’un an issu de lignées selectionnées depuis plus de 30 années.

A droite, un véritable mouton d’Ouessant à une corne. Bélier noir de trois ou quatre ans issu de lignées non sélectionnées depuis que le mouton d’Ouessant a quitté son île d’origine.

Pour être tout à fait honnête, je dois avouer que le jeune âge de Noa plaide en sa faveur. Il est très nettement plus petit que son homologue noir.

Noa n’est pas encore à taille adulte, il va prendre probablement encore 2 à 3 centimètres avant d’arrêter définitivement sa croissance.  Sur la photo, il affiche 40 cms au garrot……

Mais avant de poursuivre, un petit rappel …

Il est question ici de SELECTION.

Charles Darwin l’a classé en deux types ; la sélection naturelle et la sélection sexuelle. A laquelle, je rajouterai la sélection humaine.

David et Goliath

La sélection naturelle : C’est le principe de sélection des êtres vivants visant à reproduire une particularité comportementale ou physique apportant un avantage à un sujet, favorisant ou facilitant sa survie dans un environnement donné et donc sa reproduction.

La sélection sexuelle : Décrite également par Charles Darwin, est un principe basé sur l’esthétisme d’une particularité ou d’un comportement permettant à un sujet d’obtenir davantage les faveurs du sexe opposé facilitant ainsi la diffusion de ses gènes.

Chez les êtres humains, il est possible de citer en exemple les individus possédant des cheveux blonds. C’ est une caractéristique purement esthétique qui favorise la dispersion des gènes, alors qu’elle n’apporte pas d’avantages notables au regard de l’environnement.

A mes yeux, l’exemple le plus avancé de sélection sexuelle du monde animal est celui du paon. Dans le cas de cet oiseau, la sélection sexuelle a tellement pris le pas sur la sélection naturelle que cela s’est fait au détriment de cette dernière. En effet, l’oiseau mise tellement sur l’esthétisme de sa queue que cette dernière finit par hypothéquer ses chances de fuites en cas de danger.

La sélection humaine : C’est le principe qui régit l’intervention humaine dans la survie, la modification du comportement, le morphotype d’espèces ou de races d’animaux sauvages. Autrement dit, c’est la domestication avec pour finalité la production de races permettant de subvenir aux besoins des hommes. C’est ainsi qu’il est possible d’affirmer que toutes les races domestiques ont des ancêtres sauvages.

La sélection humaine commence par la capture d’animaux sauvages, l’organisation de leur captivité, leurs soins, leur observation, le contrôle de leurs naissances, etc..  La captivité des animaux sauvages a favorisé l’expression de caractéristiques  favorables au développement des sociétés humaines et surtout la fixation de ces caractéristiques dans un cheptel par consanguinité.  Par domestication, par sélection, l’homme a donné forme à nombre de races domestiques nécessaires à sa survie.

Comment notre petit mouton trouve t-il sa place la dedans ???

Mouflon

L’évolution de l’espèce ovine s’est produite uniquement selon le principe de la sélection naturelle jusque il y a environ 8000 ans.  C’est à cette date qu’en différents endroits de la planète des mouflons sauvages (ancêtres de nos moutons, photo ci-contre)   ont été capturés, formant ainsi le point de départ des lignées de moutons domestiques contemporains. Au fil des millénaires, l’animal sauvage s’est transformé en mouton domestique. Le travail de sélection s’effectuant par nombres de peuplades de pasteurs, en des lieux tellement différents du monde que notre mouton à adopter des formes très différentes.  (Rq : Les morphotypes ovins divergent beaucoup mais pas autant que chez certaines autres espèces domestiquées. Je pense en particulier à l’espèce canine dont les représentations vont du minuscule chihuahua de 1 kg au mastiff qui peut en peser 100. Cela tient surtout à la prolificité de l’espèce canine dont les sujets peuvent avoir plusieurs portées annuelles, avec des naissances multiples alors que la reproduction de nos moutons est toujours dépendante de la saisonnalité).

Voici donc quelques 8000 ans que la sélection humaine agit sur l’évolution de l’espèce ovine.

Mais pas seulement ….

Notre mouton d’Ouessant a suivi le même chemin que ses cousins d’autres races.  Il a évolué au gré des besoins des peuplades du nord du continent Européen, jusqu’au jour où probablement quelques navigateurs Viking, ou tout du moins nordiques, prirent la décision de longer les côtes de l’europe de l’ouest, par la mer, afin de descendre en méditerranée ou plus bas, dans l’idée d’y faire commerce, sinon perpétrer quelques larcins.

Désireux de trouver des victuailles fraîches sur le chemin du retour, ils eurent la bonne idée de déposer sur les îles qu’ils croisaient quelques moutons afin d’en déguster la chair à leur retour. C’est probablement ainsi que voici environ 1000 ans des sujets issus de races nordiques se sont retrouvés isolés sur des îles plus ou moins hospitalières.

L’île d’Ouessant n’est pas un cas unique, il suffit d’observer le type des moutons des îles Féroé ou de la race Ronaldsay (race Anglaise) pour deviner un cousinage indéniable.

Bélier Ronaldsay

Bélier Ronaldsay

Bélier des îles Féroé

Bélier des îles Féroé

Pour faire bref …. la sélection qui a fait de notre petit mouton d’Ouessant ce qu’il est devenu est à la fois d’ordre naturel et d’ordre humain. Je vous invite à parcourir l’article “mouton tout venant” pour comprendre trois des principaux facteurs qui ont influé sur la diminution de la taille du mouton d’Ouessant. Pour ce qui est de sa couleur, ce sera l’objet d’un autre article..

La sélection humaine est inévitable.

Le travail de SELECTION est le garant du respect du standard d’une race. Se passer de ce travail long et passionnant, c’est laisser la porte ouverte à toutes les dérives. Concernant la taille au garrot du mouton d’Ouessant, il est essentiel d’acquérir un ou plusieurs béliers de petites tailles afin de garantir au troupeau une taille acceptable.  Pour cela, faite l’acquisition de ces derniers chez les sélectionneurs sérieux qui maîtrisent l’art de la SELECTION.

Une fois encore, prenez votre temps, cherchez et vous vous préserverez d’obtenir des animaux tel que ce vrai bélier noir de race Ouessant (ci-dessous)

One Comment

  1. GUILLARD dit :

    Bonjour,

    Je suis tombée par hasard sur votre site car je cherche des peaux de moutons pour une artiste et j’aurai voulu savoir si vous faites cela. Ma requête porte sur des peaux de moutons à poils blancs mais surtout pas blanchi comme on en trouve partout aujourd’hui. Des grandes peaux avec des longueurs de mèches d’environ 7cm. Je serai très contente si vous avez un petit temps pour me répondre. Je vous en remercie par avance. Cordialement.

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